Selon les chiffres de l’Institut national du cancer, 61 214 nouveaux cas ont été recensés en France métropolitaine en 2023, avec un âge médian au moment du diagnostic de 64 ans. Il touche, par rapport à d’autres cancers, également des femmes jeunes. Il est responsable de 12 757 décès en 2022, en baisse de 1,2 % par an entre 2012 et 2022. Cette baisse de la mortalité s'explique par les progrès de la prise en charge, tant au niveau du diagnostic que des traitements. La prévalence est estimée à 913 089 personnes en 2017, avec une femme sur huit qui risque d’être atteinte au cours de sa vie.

Quel est le pronostic ?
Le pronostic dépend du sous-type de cancer du sein (hormonodépendant, HER2 positif, triple négatif) et de l’extension de la maladie. Globalement, la survie nette standardisée sur l’âge est de 88 % à 5 ans et de 76 % à 10 ans en 2021. Ces chiffres montrent deux choses : la prise en charge permet la guérison dans la majorité des cas, ce qui suggère que chez certaines patientes sélectionnées, on pourrait envisager une désescalade des traitements. Inversement, encore trop de patientes présentent une rechute métastatique et il faut trouver de nouvelles options thérapeutiques pour elles.
Quels sont les facteurs de risque ?
Plusieurs facteurs de risque sont associés au cancer du sein, notamment l'âge, puisque 80 % des cancers du sein se développent après 50 ans, ainsi que les antécédents médicaux personnels et familiaux, la consommation d'alcool et de tabac, le surpoids et le manque d'activité physique, certains traitements hormonaux de la ménopause, les prédispositions génétiques, et le fait de ne pas
avoir allaité. Selon l'Inca, environ 20 000 cancers du sein pourraient être évités chaque année, ce qui représente un tiers des nouveaux cas recensés en 2023.
Quel est le dépistage du cancer du sein à l’heure actuelle ?
Concernant le dépistage actuel, celui-ci repose sur un suivi particulier des patientes à surrisque, une consultation médicale en cas de changement au niveau des seins, un examen clinique annuel à partir de 25 ans, ainsi qu'une mammographie de dépistage tous les deux ans entre 50 et 74 ans pour les femmes sans symptôme ni facteur de risque autre que l'âge.
Des pistes thérapeutiques ?
De nombreuses pistes de recherche émergent actuellement. À l'Institut Curie, l'un des axes de recherche consiste à essayer de prédire la réponse aux traitements en utilisant des « avatars biologiques » dérivés de tumeurs prélevées chez
des patientes. Différents traitements peuvent être testés en laboratoire pour déterminer celui qui semble le plus efficace chez les patientes atteintes de cancer du sein métastatique. Cette approche vise à développer une médecine plus personnalisée, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour la mettre en oeuvre et la rendre accessible aux patientes.
